Statistiques radioamateurs 2018 et constats

Le REF vient de publier les statistiques de la population radioamateur en France pour 2018 que lui a envoyée l’ANFR.

Faute de solution alternative, notez bien ces chiffres car ce seront les derniers fiables que nous pourrons obtenir, puisque basés sur la taxe radioamateur annuelle qui vient d’être supprimée par l’État pour réaliser des économies de perception.

Que pouvons-nous constater de ces derniers chiffres ?

Tout d’abord que nous perdons environ 150 à 200 radioamateurs autorisés par an pour nous situer à fin 2018 à 13126. En toute logique, nous devrions passer sous les 13000 l’an prochain. L’effet de la pyramide des âges joue à plein puisque notre activité est pratiquée par une population vieillissante et un renouvellement très faible d’une population plus jeune. Ceci en valeur absolue car le vrai chiffre des pertes est égal au chiffre présent moins les examens réussis de l’année, c’est à dire 13126 – 241 = 12885, et donc une perte d’environ 400 actifs par an.

Pourtant, si l’on se réfère aux chiffres des examens, le nombre d’inscrits ne cesse d’augmenter, avec un nombre qui pourrait être capable de palier à la chute du nombre global. Il faudrait en fait doubler ce nombre pour palier à la chute ‘naturelle’ de l’effectif global.

Mais au-delà du nombre absolu de 241 en 2018, il est étonnant de constater que seuls 150 ont réussi !

Bizarrement, alors qu’on nous serine à longueur d’année sur les fermetures en pagaille de radio-clubs — allant même jusqu’à nous suggérer de placer nos 46€ de taxe économisée dans une cotisation à un RC –, ces derniers sont en constante augmentation pour arriver à 353 RC fin 2018 ! Un rapide calcul nous indique un potentiel de 37 radioamateurs par RC. Alors qu’on nous fait savoir à longueur de temps qu’il n’y a pas assez de personnes dans les radio-clubs, il est étonnant de constater ces chiffres. Il doit y avoir des RC avec 2 personnes et d’autres avec 50… Ou plus probablement, un nombre conséquent de radio-clubs avec très peu de personnes, voire des RC créés uniquement pour deux ou trois personnes pour une activité spécialisée (concours ?).

Si le nombre de radio-clubs augmente et que le taux de réussite n’est pas meilleur que 62% constaté en 2018, quelle peut en être la raison ? Ce mauvais résultat de taux de réussite a aussi été constaté par le REF lors de la session d’examen organisée à Hamexpo 2018.

Si je m’en réfère çà ce que je peux lire dans les forum ou dans ce qui ressort des différents réseaux sociaux, la formation me semble être traitée trop rapidement. Certes, nous avons de formidables outils d’apprentissage et de test grâce à ce qui a été fait par F5AXG (SK), F6GPX, F8DEM, mais l’idée générale est de passer l’examen vite ! Un peu comme une corvée à laquelle on ne peut échapper ou comme si l’on prenait de l’huile de foie de morue en l’avalant le plus rapidement possible afin d’essayer de ne pas en subir le gout !

Or, à l’époque où l’épreuve de lecture au son de télégraphie était obligatoire à l’examen, on pouvait constater que le taux de réussite des personnes qui passaient cette partie était de loin plus important que celui des F0. Une explication pourrait être que l’on ne peut apprendre la télégraphie trop vite. Sauf à être excessivement doué ou être un professionnel des transmissions, l’examen de lecture au son ne peut pas se faire vite. Il faut plusieurs mois de travail assidu, de compréhension, de baisse de motivation puis de rebond, pour en arriver au niveau examen de manière constante et stable sur une période qui ne laisse aucun doute sur l’acquisition de la compétence de lecture au son.

J’entends trop souvent des personnes voulant passer ‘vite’ ou d’autres, déjà radioamateurs, motivant les nouveaux venus en leur disant que ce n’est l’affaire que de quelques semaines !

Si on veut ensuite passer sa vie à poser des questions dans des forum radioamateurs, pas de soucis. Mais si l’on veut un tant soit peu acquérir une base stable que l’on fera fructifier par un apprentissage continu entre pratique et théorie, le mieux me semble de se donner le temps d’acquérir une compétence minimale. Et cette compétence, c’est l’examen qui vous la donne ! Tout ce que vous devez savoir pour débuter et surtout vous épanouir dans une carrière radioamateur, est dans ce qu’il faut savoir pour l’examen ! *

Alors un conseil — que je me suis appliqué, il n’est donc pas en l’air ou gratuit : prenez votre temps pour passer votre examen ! Selon votre niveau d’étude et de compétence au moment de votre décision, donnez-vous à minima 6 mois, idéalement 8 à 12 mois — une année scolaire car les RC sont souvent basés dessus, est aussi un bon repère. Je sais que nous vivons dans un monde où l’on veut ‘tout, tout de suite’, même pour ceux des générations précédentes, mais ne vaut-il pas mieux assurer sa réussite plutôt que de courir vite après un rêve au risque de perdre gout et motivation ?

Je conclurai ce billet par les chiffres des indicatifs spéciaux qui ne cessent de décroitre. C’est plutôt bon signe car autant utiliser l’indicatif d’un radio-club pour une activité plutôt qu’un machin spécial pour la fête de la saucisse. Mais je prêche probablement dans le désert étant donné que les indicatifs spéciaux devenant gratuits, il y a fort à parier pour une recrudescence en 2019 et au-delà. Mais comme nous n’aurons plus de chiffres pour faire des statistiques…

Crédit illustration : F1JXQ – Passion Radio

* C’est pour cette raison que je conseille fortement le livre ‘Le Radioamateur’ d’Olivier Pilloud pour acquérir les références nécessaires pour l’examen… et au-delà !

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