Une expérience intéressante…

examen

En ces temps mouvementés dans la communauté radioamateur où la classe novice retient toute l’attention, j’ai réellement voulu me faire ma propre idée quant à la réelle difficulté de l’examen actuel.

Ne pensant pas être suffisamment objectif sur le niveau qu’il faut avoir pour réussir le fameux QCM — car pour moi il me paraissait assez simple — j’ai profité d’avoir quelques « cobayes » à disposition pour tenter l’expérience.

Sans trop m’étendre sur ma vie privée, je fais partie de cette génération de couples recomposés avec la joie d’avoir une ribambelle d’enfants, plus exactement 6. Dans cette demi-fratrie, les deux ainés (garçons) ont 13 et 12 ans et sont respectivement en classe de 4 et 5ème. Mes deux cobayes…

N’étant pas, à notre plus grand regret, des élèves modèles avec des résultats tirant la moyenne de la classe vers les hautes sphères, ils n’en seraient que plus crédibles dans leurs résultats. D’autant que le deuxième est reconnu comme dyslexique lourd et a un programme scolaire adapté (il a donc passé l’examen comme un candidat avec un handicap).

La lecture de leur dernier bulletin de notes me permettait largement de les punir un peu. Punition toute trouvée : ils allaient « bosser » un peu durant leurs vacances de printemps et passer l’examen blanc disponible sur le site de l’ANFR. N’étant pas totalement un bourreau, le travail allait uniquement se cantonner à la partie technique et nous laisserions de côté la réglementation. D’autant que cette dernière n’est jamais remise en question par les partisans d’un examen simplifié.

Après une semaine, à raison de 3h par jour de cours et de QCM, avec une pédagogie plus souvent à l’initiative du plus grand vers le plus jeune (ils savent mieux se comprendre), ils ont passé l’examen sur le site de l’ANFR et ont tous les deux obtenus la moyenne aux fameuses questions. Pas de 20/20, mais comme je l’ai souvent lu, l’essentiel est d’avoir la moyenne.

À la vue de tout ceci, j’ai un peu de mal à comprendre pourquoi, ou plutôt pour qui, il faudrait baisser le niveau de l’examen ? Je sais très bien que la France ne compte pas que des ingénieurs en électronique, mais même pour un CAP, il faut d’abord passer par une 5ème et bien souvent aussi par une 4ème. Je prends comme exemple le CAP qui est un des premiers diplômes français et qui forme d’excellents professionnels. Partant de ce constat, on peut en conclure qu’une grosse majorité des français, surtout ces dernières décennies, est allée en 5ème et 4ème et que l’examen est largement à leur portée.

Alors, alléger l’examen pour qui ? 12 et 13 ans ce serait déjà assez jeune pour faire baisser la moyenne d’âge de la communauté radioamateur, qui elle aussi fait souvent débat. Mais à 13 ans, il est rare de vouloir devenir radioamateur en 2014 et c’est plutôt sur ce dernier point qu’il serait intéressant de porter nos efforts.

Alors, alléger l’examen pour qui ? Hormis des cas isolés et marginaux, je ne vois pas bien.

Mais alors pourquoi ce buzz ? Probablement pour le buzz, tout simplement ! Si tous les gens qui y participent avec autant d’énergie voulaient bien se consacrer à l’avenir du radio amateurisme, il est certain que nous en sortirions tous gagnants. Et réformer l’examen ne me semble pas une priorité pour la sauvegarde de notre activité.

Pour conclure, la classe novice à mon sens existe déjà, car elle est bien adaptée pour un débutant en sanctionnant les bases nécessaires pour enfin progresser. D’après le Larousse, un novice est « une personne qui manque d’expérience dans une activité quelconque ». Tout est dit.

Je tiens à préciser, puisque je suis un nouvel élu du CA du REF, que ces propos n’engagent que moi, que je ne milite pas dans un sens ou dans l’autre et que je n’ai fait qu’un constat sur la réelle difficulté de l’examen actuel en tentant une expérience.

F4FJL – David (Mai 2014)

 

David, F4FJL est un collaborateur du blog RadioBXI.
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7 réponses à Une expérience intéressante…

  1. F4DBD dit :

    Encore un article plein de bon sens, David. C’est un constat d’évidence plus qu’une expérience.

    Ce constat est d’ailleurs souvent le même vu du côté de ceux qui se prennent en charge : Aide-toi le ciel t’aidera, ça marche ! La réussite est la plus part du temps obtenue quand on travaille beaucoup, donc quand on la désire fortement.

    La forme de l’examen actuel est la même que dans les années 80 avec juste une épreuve pratique en moins (celle qui faisait peur). Cela n’a pas empêché beaucoup de gens de nous rejoindre (comptez le nombre de F5xxx arrivés au milieu des années 80/90 vs les FA/FB et FØ).

    Mais non, il en faut toujours plus (enfin moins !) et le passage automatique des FA/FB en F4/F8 décidé en 1997 a fait beaucoup de mal au radio-amateurisme en France car il a laissé croire que cela pourrait arriver aux FØ lors d’un changement de réglementation. Confortant certains dans le fait que finalement connaitre la réglementation était bien assez pour devenir radioamateur. Oubliant au passage qu’il y avait quand même de la technique (programme allégé) pour les FA/FB.

    Il n’a pourtant jamais été aussi simple qu’aujourd’hui de se préparer au passage de la F4. Les programmes scolaires, internet et aussi la facilité d’entrer en contact avec un radioamateur sont incomparables à la situation des années 60.

    Par contre la question que je me pose en lisant cet article c’est : est-ce que la « punition » n’a pas vacciné les 2 gamins du radio-amateurisme ? On dit souvent qu’une passion se transmet de père en fils, mais je constate parfois qu’elle saute une génération si on y va trop fort avec sa progéniture… Ceci dit, avec 6 potentiels candidats on peut se permettre d’expérimenter le passage du témoin :-) Il suffit d’un succès pour assurer la relève !

    Pour conclure, on dit qu’on ne force pas un âne à boire quand il n’en a pas envie. Cela peut s’appliquer également à la F4 :-)

  2. CORNELIS PIERRE ON7PC dit :

    Effectivement une expérience de bon sens. Merci David F4FJL.

    J’ai été un de ces « volontaires désignés » pour rédiger les questions de l’examen HAREC en Belgique. A cette époque (2003) nous voulions soumettre à notre administration des questions qui nous semblaient respecter le programme HAREC et « idoines ». Et, comme vous vous en doutez peut-être, en Belgique, pour être accepté, il valait mieux faire le travail en deux langues dites nationales. Donc j’ai été « rédacteur-traducteur volontaire désigné ». J’ignore si l’administration a pris toutes ces questions en compte ou si elle a accepté d’autres sources, mais admettons qu’il en soit ainsi.

    Et puis ces derniers temps j’ai jeté un coup d’œil sur les questions HAREC en Allemagne. J’ai constaté qu’elle était plus difficile. J’en ai fait la traduction en français. A peu près 1000 questions. Et ma conclusion est que ces questions sont sincèrement plus difficiles que ce que nous (« ON ») avions proposé. Si on se veut un peu plus pédagogue, on constate qu’il y a pas mal de bon sens dans ces questions.

    Et puis je suis allé voir sur le site de l’ ANFR. Il n’y avait que la classe 2. Donc je suppose que c’est l’ HAREC. Entre la poire et le fromage, j’ai vite fait l’examen. Sans même me relire. Deux erreurs en réglementation, probablement sur des points typiques à la législation en France, les classes, les privilèges. Et une erreur en technique. Je n’ai pas eu l’impression que les 20 questions couvraient toute la matière HAREC. J’ai eu plusieurs questions sur la loi d’Ohms ou les ba-ba de l’électricité. Je n’ai pas eu l’impression d’avoir parcouru tous les chapitres (une ou deux questions sur les émetteurs, une iu deux questions sur les récepteurs, une ou deux questions sur les lignes de transmissions, une ou deux questions sur les antennes, etc … ). J’aurais pu refaire l’examen une seconde fois.

    Alors bon, si je devais classer les examens par ordre de difficulté croissant je dirais F, ON, DL.

    Si il y a réciprocité de licence, est-ce que la « difficulté » de l’examen pour obtenir cette licence ne devrait pas être harmonisée. En d’autres termes est-ce que la CEPT ne devrait pas fixer un « pool » de questions types que les administrations seraient alors en mesure de reprendre et de traduit.

    Le niveau de notre examen ON3 devrait être sérieusement revu à la hausse, de même, comme je l’ai déjà dit d’être limité dans le temps. Et le niveau de notre examen HAREC pourrait aussi être revu à la hausse, en s’alignant un peu plus sur l’examen allemand.

    73 de Pierre, ON7PC

  3. F1PSH dit :

    Bonjour, articles et expériences très intéressantes.
    D’abord sur la difficulté des questions posées à l’examen, je suis d’accord avec le classement fait par ON7PC, j’ai aussi le recueil des questions allemandes, de la Belgique et j’ai aussi celles de la Suisse qui se situerait pour moi à égalité avec la Belgique. Effectivement une harmonisation européenne serait une bonne chose. Mais si les questions d’examen sont publiées dans divers pays européens, ce n’est pas le cas pour la France. Si un candidat rencontre une erreur ou une question mal posée, on ne peut pas contribuer avec l’administration.
    Je voudrais aussi apporter une remarque sur l’examen en ligne sur le site de l’ANFR. Il n’a rien à voir avec l’examen réel. Ce qui se rapproche le plus de l’examen réel c’est le logiciel de F5AXG, EXAM’1. Les questions en ligne sont les mêmes depuis plusieurs années, ce n’est qu’un exemple pour savoir comment se présente l’examen. Pour avoir aussi fait de la formation à la licence, dans la réalité le niveau des questions en France est équivalent à celui de la Belgique.
    Il y a aussi une grosse différence entre les notations des divers pays européens, En Belgique, Allemagne, Suisse une bonne réponse vaut 1 point une mauvaise réponse vaut 0 point et il faut plus de 50% de bonnes réponses pour obtenir l’examen. en France une bonne réponse vaut 3 points, et une mauvaise réponse vaut -1 point. Ce qui corse la difficulté. Il faut la moyenne des points ce qui est supérieur à 50% de bonnes réponses.
    Alors oui à des consultations internationales au sein de la CEPT surtout pour faire taire les rumeurs qu’en France on donne les licences, ou que tel ou tel pays est plus facile ou plus difficile qu’un autre. Oui à un pool de questions européennes, mais ce n’est pas demain la veille car aucun pays ne veut investir dans des modifications profondes des logiciels existants, car nous sommes trop peu nombreux et il ne faudrait pas qu’en plus nous coûtions de l’argent à l’état.
    C’est aussi cette dernière raison qui fera qu’il est utopique de penser de délivrer un certificat d’opérateur débutant pour un temps limité. Vous avez atteint un niveau de connaissance A et bien vous le gardez toute votre vie même si vous faite un AVC et que vous ne savez plus rien.
    Autre remarque sur le niveau de connaissance pour passer l’examen. Oui jusqu’à aujourd’hui un CAP français était capable de passer la licence avec un peu de travail, mais demain ce ne sera pas possible. Cela fait maintenant 2 ans que l’électricité a été retiré des programmes du collège et du lycée. Ce qui fait que les nouvelles générations qui termineront leurs études dans 5 ans n’auront aucune de ces notions et s’ils veulent passer la licence plus tard le travail sera d’autant plus important qu’ils n’auront pas les bases.
    Non seulement il faut se battre pour une classe d’entrée dans le monde radioamateur, mais il faut aussi se battre pour que les jeunes de demain puisse aborder la radioélectricité à l’école…
    73 de Sylvie F1PSH

  4. F8BXI dit :

    Bonjour,

    Merci de vos commentaires très intéressants. J’aimerais réagir sur le dernier de Sylvie, F1PSH sur la différence entre l’examen en ligne et le logiciel EXAM’1 du regretté F5AXG.

    J’ai téléchargé ce logiciel pour la première fois hier soir. J’ai tout pris tel quel et installé comme indiqué. J’ai passé les deux parties réglementation et technique pour une licence F4 et j’ai réussi à avoir un peu plus de la moyenne aux deux, score quasi identique à l’examen blanc sur le site de l’ANFR.

    Ne connaissant que le site de l’ANFR, j’ai été surpris par les questions d’Exam’1. Mais plus par habitude que par réelle difficulté. J’ai opéré de la même manière que sur celui de l’ANFR : je ne répond qu’aux réponses dont je suis certain à 100%. Ne révisant plus depuis le passage de mon propre examen il y a 15 ans, j’ai tout fais de tête et utilisé une calculette sur l’ordinateur pour effectuer les quelques calculs à la volée.

    La vraie différence que j’ai pu rencontrer entre l’ANFR et Exam’1, c’est le fait que sur le premier, tous les calculs tombent juste et on peut donc faire rapidement les calculs de tête alors que dans Exam’1 il y a plusieurs résultats donnant des chiffres à virgule.

    Pour ma part, je l’ai passé en Août 1998 après 6 mois de bachotage un peu en RC, beaucoup à la maison. J’avais quitté mes études depuis +20 ans. Quand je suis ressorti du centre d’examen à Villejuif avec mon papier, j’avais l’impression de l’avoir volé :-) Ayant connu l’examen comme il se passait à la fin des années 70, j’ai pu faire la comparaison.

    Il n’y a pas de réelle difficulté dans cet examen quoi qu’on en dise. Le tout est d’avoir une bonne préparation. Et une bonne préparation cela prend du temps. Le temps d’une année scolaire devrait suffire à passer sa F4 en partant de n’importe quelle condition de départ. Et le fait de passer du temps dans un RC au contact de radioamateurs, cela fait aussi partie de la formation.

    Car former des gens c’est bien, former des jeunes c’est très bien. Encore faut-il qu’on leur donne suffisamment le goût de l’apprentissage et de l’effort pour qu’ils puissent durer dans l’activité. Car après l’examen, certains se sentent bien seuls (voir pour cela les billets de Franck, F4HFQ sur ce blog).

    Former à la va-vite des gens qui vont zapper d’un hobby à l’autre en goutant à tous les plats, les critiquant au passage et n’en confectionnant aucun, n’est pas intéressant pour la pérennité de notre activité.

    73,
    Philippe

  5. Pravda dit :

    Modéré (voir même totalement squizzé)

    Quel plaisir de pouvoir modérer les âneries habituelles. Ici, c’est pas chez Bernie. On essaie d’avoir des discussions sensées même si d’opinions opposées, c’est à ça que sert un débat. Pour les délires, écrit-les ailleurs.

  6. Pravda dit :

    Modéré again. Pour éviter la modération et participer au débat :

    1 – écrit clairement tes interventions ;
    2 – reste dans le sujet ;
    3 – retire ton masque cela évitera les supputations.

  7. F0GXR dit :

    Bonsoir à tous,

    Je ne comprendrai jamais cette polémique sur la dureté de l’examen radioamateur en France (tout comme celle sur les radioamateurs novice F0..).

    Après avoir lu deux ou trois trucs sur les certificats/licences RA à l »étranger, l »examen français ne me semble pas si difficile ( j’ai même pour habitude de dire qu’une licence novice Suisse HB3 vaut facilement la F4!), même sans avoir fait de grande étude.

    [A titre perso, j'ai un unique CAP d'Horticulteur (donc vachement en rapport avec la radio et l'électronique! Hi), mais la licence novice F0 ne m"a demander que 15 jours de boulot et cela en solitaire (je n"avais pas le choix de toute façon.. pas de RC et pas de Elmer pour avoir de l"aide).]

    Il n’y a donc à mon avis que deux options réalistes sur se (faux) problème d »examen.. 1) le manque de temps libre pour préparer celui-ci dans de bonne condition et 2) un gros poil dans chaque pogne!

    Par contre.. faire une licence novice provisoire ne sert à rien du tout! Aucun français (digne du nom), ne mettra un centime dans le passage d’un certificat à durée limité, car un examen radioamateur ne doit pas être comparer à celui du permis de conduire. Le premier n’est pas vital (c »est juste un loisir!), le second si (pour le boulot, famille..).

    73

    Vincent
    F0GXR.. mais pas pour la vie.

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