Ne nous trompons pas d’objectif !

Je voulais faire un commentaire sur ce billet du site Passion-Radioamateur, mais comme le sujet est vaste et que je suis bavard, j’ai préféré faire un nouveau billet ici.

Ce billet de Denis, F1JXQ, complète bien celui déjà écrit sur mon blog sur le même sujet. Je suis en tout point en accord avec ce qui ressort de cette vidéo.

Par contre, la conclusion m’interpelle quelque peu…

Que l’on donne de l’argent à une association telle que HAND ne me pose pas de problème, c’est un geste citoyen. Mais il me semble plus judicieux d’adhérer et d’être actif.

Et pour nous, radioamateurs, c’est être actif dans NOS associations. Celles qui ont fait et font aujourd’hui le radio-amateurisme français.

Il ne faut pas se tromper de sujet : Gaël, comme je l’ai écris dans mon billet, utilise la radio comme outil. À aucun moment la radio n’est sa préoccupation principale.

Or, pour un radioamateur, c’est la radio qui est le sujet de prédilection, celui sur lequel va porter toute son attention, vers l’instruction et l’apprentissage.

Et c’est le fait d’être un radioamateur accompli et compétent qui va donner la possibilité à chacun d’utiliser ces dites compétences pour de la communication en situation d’urgence ou permettre à une autorité de réquisitionner la compétence d’une station radio pour participer à l’établissement de communications en dehors des infrastructures conventionnelles.

Pour un radioamateur, fut-il un RASEC actif et motivé, la communication d’urgence est secondaire. Même si certains n’ont pour activité que la fonction de RASEC — comme d’autres ne font que de l’ATV, que des Hyper, que des concours ou que de la télégraphie QRP — elle n’est pas pour autant l’activité principale du radioamateur.

Un opérateur du service amateur est avant tout une personne intéressée par la radioélectricité, qui veut s’instruire à son propos, en étudier les différentes techniques et partager ses informations dans l’intercommunication avec ses collègues radioamateurs, que ce soit au niveau national, régional, départemental, local, aussi bien que dans le monde entier.

Dans mon billet précédent sur l’entretien de Gaël sur LCI, j’ai fais le parallèle avec notre manière de voir la promotion radioamateur et ce que nous avons perdu au fil du temps comme les réseaux d’urgence ou la formation des opérateurs dans les contrées DX.

Le but était — et est toujours et encore puisque rien ne semble bouger — de montrer à nos édiles associatives ce qu’était une promotion grand public quand on la prépare, quand on connait son sujet, quand il n’y a pas mille sons de cloches différents pour expliquer ce qu’est un radioamateur.

L’alerte que j’émettais en conclusion de mon précédent billet, était de dire que si nous ne faisons pas attention à ce qui est en train d’émerger rapidement autour des nouvelles technologies et surtout de ce que le marketing nomme aujourd’hui le « digital » ou numérique pour les fidèles du Larousse, et qui englobe énormément de choses hétéroclites, nous risquons de nous retrouver dépossédés de notre activité principale qui est l’instruction individuelle de la radioélectricité sans autre but que d’apprendre.

Si nous regardons froidement ces 40 dernières années : nous nous sommes fait déposséder notre image par les cibistes ; nous nous sommes fait déposséder de l’utilité intrinsèque d’une station amateur par les RASEC plus spécialisés ; nous nous faisons déposséder de la construction individuelle par les hackers/makers ces dernières années.

Voulons-nous que notre activité devienne subsidiaire à une activité plus utile qui abandonnerait l’objectif d’instruction individuelle du service amateur pour une cause supérieure et utile comme les communications en situation d’urgence ?

Vous aurez remarqué que Gaël n’a jamais expliqué ce qu’était un radioamateur dans la vidéo malgré le nombre de fois où il prononce le mot, et tout le monde semble avoir compris.

Or, un radioamateur qui écoute cet entretien comprend tout et même au-delà, même dans le non dit. Mais le grand public, celui qui ne connait rien du radioamateur, qu’en pense-t-il ? Que pour être un citoyen et être utile à la communauté, je passe ma licence radioamateur et je m’équipe afin d’être prêt à subvenir aux besoins en communication en cas d’urgence ?

Si en France métropolitaine ce message a peu de chance d’être entendu, n’oublions pas que la nette avancée dans le recrutement aux USA n’a lieu qu’à partir de 2007, soit deux ans après le passage de l’ouragan Katrina et de ses conséquences désastreuses, puis de la canicule et des incendies monstrueux en 2007, puis de la tempête de neige sur la côte EST en 2010. À la suite des malheureux évènements de Septembre 2001, une petite remontée du nombre de radioamateurs a été constatée, puis une chute jusqu’à l’embellie suite aux évènements indiqués précédemment..

Cette augmentation du nombre de radioamateurs aux USA, dont la majorité n’est intéressée que par les communications d’urgence, engendre d’autres problématiques dont j’ai déjà parlé au travers de la publication des billets de K0NR par exemple ou d’autres radioamateurs actifs dans la formation comme KB6NU.

Dans ces temps de changement, il semble utile de ne pas perdre de vue nos objectifs et surtout, comme à chaque fois que nous pouvons être chahutés, de relire la définition du Service Amateur pour nous mettre en ordre de marche.

Cette définition est importante car elle est l’essence de ce qui nous réuni, le socle commun que nos associations devraient inclure intégralement dans leurs statuts afin que notre mouvement soit cohérent et homogène.

Et pour nous, si nous devons donner, ou rejoindre et participer à des associations, que ce soit celles qui nous représentent. Et si vous pensez que les équipes en place ne sont pas à même d’appréhender le temps présent et les changements actuels, participez, faites vous élire et prenez les rênes !

 

 

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