Retour d’expérience sur la licence novice Belge, ON3

HAMAcademy-1Pierre, ON7PC m’a fait parvenir sa réaction à mon précédent billet et nous relate son expérience de la licence novice ON3 Belge. Son commentaire est d’autant plus intéressant que Pierre est l’auteur de nombreux cours de préparation à la licence. Son site est recommandé par Denis, F6CRP. Deux références donc…

<< Entièrement d’accord avec l’analyse de Philippe F8BXI concernant le service amateur. Les commentaires contiennent aussi des arguments très pertinents.

En 2003-2004, en Belgique, comme dans tous les pays européens, le nombre de radioamateurs était en stagnation pour ne pas dire en recul, nous avons donc pensé à un modèle de licence basé sur la Fundation Licence du Royaume Uni. Comme le RSGB l’a expliqué, la « fondation » *c’est la dalle en béton sur laquelle on va construire la maison, c’est la base sur laquelle on va former le futur radioamateur*. Très bien. Nous avons fait un simple copié/collé en essayant de ne pas changer une seule virgule. Résultat : comme eux, nous avons vu une progression d’environ 5%.  Une partie du but est atteint, voyons si ce sont des « vrais » amateurs. Le radio amateurisme présentant mille et une facettes, il est difficile de répondre à cette question, une seule chose est certaine, cela doit rester dans les lignes de la définition de l’UIT (cf F8BXI).

Après 9 ans d’expérience avec cette licence de base,  et ayant été « un » des représentants de l’association qui a demandé « la licence de base » auprès de l’administration … permettez-moi de donner ici quelques éléments de réflexions.

Le but était de permettre aux jeunes de mettre le pied à l’étrier, de commencer à faire de la radio directement, de préparer et de passer la licence complète par la suite. C’est vrai aussi qu’il y a une multitude d’autres choses (passe-temps, hobby) intéressantes à faire. Donc tout en gardant une ligne de conduite, il faut parfois savoir donner un sens actuel, moderne à  l’expérimentation, l’étude, la communication… de la radio (cf F8BXI).  Voilà donc pourquoi nous avons introduit la licence de base, la licence ON3.

Une licence simple (15 heures de formation) qui permet de faire directement de la radio dans le cadre du service amateur. Et ce mot « directement » est très important, car de nos jours on veut tout, et tout de suite et sans effort. Je n’avalise pas, mais c’est la réalité.

C’est donc une licence où les radio clubs de l’association étaient impliqués à « former » les futurs candidats, où on demandait au candidat de pouvoir faire un QSO de manière standardisée, de connaître l’alphabet d’appellation international, de régler un dipôle… et ce n’est qu’en possession de ce petit certificat que le futur ON3 peut se présenter à l’Administration (avec un grand « A ») qui organise alors l’examen pour la licence de base. Donc les radio clubs sont impliqués.

Effectivement, un grand nombre d’ ON3 ont passé le cap et sont devenus des licenciés HAREC à part entière, et ceux là vous ne les distinguerez pas des autres radioamateurs. C’est la majorité silencieuse on y trouve de nombreux jeunes d’un très bon niveau technique. Pour ceux là pas de problème, le but est atteint.

Mais,  il reste d’autres ON3 qui tardent à obtenir la licence HAREC. Alors on entend évidement plein de bonnes fausses explications à cela. Il est vrai aussi que certains ont des capacités que d’autres non pas. Je ne vais pas m’étendre là dessus. Assez curieusement, dans ce groupe d’ON3 qui tardent à passer l’HAREC, on ne trouve pas beaucoup de jeunes, des moins de 30 ans…

Et cela rejoint aussi le titre  « Ceux qui veulent réussir trouvent le chemin pour y parvenir, les autres trouvent une excuse !« 

Mais, si on réfléchit au « problème »… D’abord nous n’aurions pas dû demander autant de « prérogatives » pour les ON3, par exemple nous aurions dû limiter le nombre de bandes HF à 2 ou 3 sur les 8 bandes disponibles. Par exemple une bande basse et une bande haute. Limiter les bandes au VHF et au-delà, c’est quelque part ne pas permettre de « goûter » à toutes les bandes à tous les aspects du service amateur, et c’est aussi continuer dans cette dérive que nous avons appelé « le 144, c’est la cibi de luxe » (d’autant plus que maintenant un Wouxun coûte moins cher qu’un Président… cqfd). Donc, oui, je suis favorable à ouvrir aussi quelques bandes HF aux ON3 (pas toutes !). Question puissance, on peut laisser à la puissance nominale du commerce soit 100 W en HF. En Belgique, nous avons  interdit l’utilisation d’appareil « home-made », à vrai dire cela a été une erreur (une grosse erreur).

Le plus important, peut être, est que nous aurions dû *limiter la licence de base dans le temps*. Cela me parait maintenant très  important. Mettre un délai de 3 ans par exemple. Les ON3 auraient eu 3 ans pour « goûter » à la radio, et 3 ans aussi pour préparer et pour réussir l’ HAREC. C’est le seul regret que j’ai : ne pas avoir mis une limite dans le temps pour la licence de base.  Le terme de 3 ans peut être rediscuté : 2 ans, 3 ans, 5 ans … moi, il m’avait semblé que 3 ans c’était raisonnable.

On pourrait aussi taper sur le clou et appeler cela une licence ou une autorisation TEMPORAIRE de radioamateur …

Voilà donc l’expérience ON3 en Belgique.

L’accompagnement des novices, oui c’est très bien, mais c’est ce que nous avons fait précédemment avec les cours de préparation dans les radio-clubs, les cours qui duraient un an, des cours qui permettaient aussi (et c’est important) de former les débutants à l’esprit radioamateur de leurs aînés, d’aplanir certaines différences si les nouveaux avaient déjà fait de la radio sous une autre forme.

Je pense qu’il faut maintenant réfléchir et choisir entre le déclin (prévisible, annoncé, …), et la perte de quelques (vieux) principes en essayant de maintenir le cap, celui du service amateur. >>

73 de Pierre ON7PC

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2 réponses à Retour d’expérience sur la licence novice Belge, ON3

  1. Mic À Elle dit :

    Et dire qu’il y a des pays où l’on ne se casse pas la tête et que l’on donne quasiment les licences et il n’y a pas plus de problèmes avec tout ca ! Comme si le fait de faire passer des examens d’ingénieurs à des personnes allait améliorer la qualité d’un appel radio ! Je pense que les gens ont autres choses à faire que de passer des examens, d’aller à des cours radios….C’est soit pour les chomeurs ou soit pour les pensionnés! Je remettrai donc ma licence ! C’est VOUS qui avez cassé notre Hobby , pas nous !

    • F8BXI dit :

      Bonjour,

      Je n’ai qu’une seule chose à vous répondre, c’est la définition du service amateur. Une fois que l’on a compris, on sait ce qu’est le radio-amateurisme :

      ‘1.56 service d’amateur : Service de radiocommunication ayant pour objet l’instruction individuelle, l’intercommunication et les études techniques, effectué par des amateurs, c’est-à-dire par des personnes dûment autorisées, s’intéressant à la technique de la radioélectricité à titre uniquement personnel et sans intérêt pécuniaire.’

      Et cela n’a rien à voir avec un ‘appel radio’

      Bonne continuation,
      Philippe

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